Togo

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REGARD DE LA PRESSE -En 2002 

FESTHEF EN OFF: HALTE A LA CRUAUTE!  
 Par Justin Hèzu Tiyé

Ni texte, ni plateau. Ni projecteur, ni comédien. Un espace ouvert comme tous les autres. Dans cet espace, un décor. Le décor est une rue. Comme celle anonyme de Kinshasa, comme celle anonyme de Poto-poto, ou encore celle anonyme de Nyékonakpoè (quartier de Lomé vers le Ghana). 

Comme mille rues anonyme du Rwanda, de l’Angola, du Soudan, du Burundi.  Dans cette rue une scène tragique. Rue jonchée  de sacs de voyage qui suintent la misère, de chaussures car « les chaussures forcément ça marque des empreintes » (l’auteur, Gustave Djonda  Akpehou) Cette rue c’est la rue de l’exil. Le titre du spectacle est justement L’Exil. 

Loin dans la rue qui continue, qui continue, qui continue, une porte « la porte de l’avilissement » (Idem). Et au-delà de la porte la rue continue. La porte d’une ambassade ou d’un consulat. Mais au commencement de la rue un pantin  désarticulé mort. Sur le pantin ce texte : « Mon rêve est celui de tous ceux qui sont morts dans leur pays et qui veulent vivre mieux ailleurs »   

Ce spectacle nouveau s’appelle l’Installation et celui qui l’exerce est installationniste. Rassurez-vous dans bien de villes africaines on le prendrait pour un fou. Mais non ! Gustave Djonda Akpehou est artiste plasticien installationniste. Il a choisi pour le Festhef un thème actuel qui met politiques et  ONGs  K.O. 

 

Pour lui la présence  du pantin au commencement de la rue  s’explique par le fait que partir est déjà mourir. Tout départ vers l’exil est  déjà une mort. Choisir de partir c’ est choisir de mourir à soi, pour soi car subsiste ce désir de ressusciter au-delà de chez soi dans un chez autrui. 

On meurt sur sa terre natale viciée, volée, pillée pour renaître sur une autre terre qui n’est pas forcément une terre promise mais viciée, volée, pillée et souillée elle aussi. On ne finit pas de mourir. Les discours creux rabâchés tuent. La dictature tue. Les infos à la télé tuent. La guerre tue. Et quand on se demande un jour à quand la fin, on est déjà candidat à sa propre mort. La mort émotionnelle. Car tout se joue sur les sens.  Ce qu’il dénonce aussi c’est tout le trafic de passeport de visa. Toute cette mafia autour des ambassades qui rackettent qui ruine les candidats à l’exil. « Sans ambassade pas d’exil » (L’auteur). IL crie haut sa rancœur. IL nous a confié qu’autorisé à faire son installation dans une rue pendant une semaine, la police l’en a chassé quatre jours après  tant ses discours n’étaient pas du goût des gouvernants. 

Ceux qui nous servent la cruauté chaque jour ont peur de voir  cette cruauté exposée au regard des victimes.  Et qui a dit qu’au Togo il y a la liberté d’expression si celle de regarder est prise?

-En 2003

EXPOSITION : « COULEUR DE CŒUR, COULEURS D’ESPOIR » du  2/12/2003

Trente artistes plasticiens togolais ont procédé lundi soir à Lomé, à l’occasion de la Journée mondiale contre le SIDA, au vernissage d’une exposition dénommée "Couleurs de coeur, couleur d’espoir" et destinée à recueillir des fonds en faveur des enfants orphelins du SIDA.


Selon Gustave Akpehou Djonda, responsable à l’organisation de Balafon Promotion, l’association initiatrice, 70% des ventes des tableaux sera versée aux associations membres du Réseau d’associations de personnes vivant avec le VIH au Togo (RAS+Togo).


L’exposition, qui prendra fin le 13 décembre, sera marquée par un dîner payant dont 50% des bénéfices seront également mis à la disposition des associations membres du RAS+Togo.


Au Togo, le taux de prévalence du VIH/SIDA dépasse 6%, selon les chiffres officiels.

-En 2002

(LE PROGRES, n°909, le jeudi 16 mai 2002, I. Sossavi)

Gustave Djonda, artiste plasticien : « mes toiles n’ont pas de prix ; elles n’ont qu’une valeur »

Né en 1972 à Lomé, Gustave akpehou Djonda aime traiter des questions de société.  Pour lui, on peut remédier aux maux de notre monde par l’union et la solidarité, c’est le message qu’il souhaite véhiculer au travers de ses œuvres.  C’est pourquoi ce plasticien togolais réalise des sutures sur ses toiles.  Pour lui, la couture est un moyen de pallier les fissures et les séparations.  Il peint pour un monde divisé et déchiré en souhaitant  suggérer la réconciliation avec ses tableaux.

-En 2006

Daniel Lawson-Drackey

Journaliste consultant en communication

Directeur de la maison du journalisme

Lomé Togo

“La vérité suprême de la vie est dans l’art”, a écrit Marcel Proust dans son roman Le Temps Retrouvé. Et c’est justement ce qui ressort au premier coup d’oeil des toiles du plasticien togolais GUSTAVE AKPEHOU DJONDA.

Autodidacte jusqu’au bout des ongles, ses oeuvres vous font explorer l’univers spirituel et symbolique de l’homme, avec un grand “H”, un monde fait de couleurs variées et de formes géométriques disparates qui donnent à notre cosmos toute son harmonie. Telles les couleurs de l’arc-en-ciel qui lui donnent sa luminosité, les oeuvres “djondaesques” sont d’une originalité féconde et d’une simplicité parfaite. Et pourtant, nous sommes loin, très loin du coloriage de la Maternelle.

Le pastel à huile, les pigments et l’acrylique rendent à ses toiles et au contre-plaqué, et plus récemment au bois et à la ferraille, un goût d’achevé. Le côté avant-gardiste de ses créations vous ramène indubitablement au temps présent qui vous entoure, surtout que ce passionné d’art plastique, très affable vous laissera à chaque exposition où il est présent, contempler vous-même et vous contempler devant des oeuvres qui vous parlent et vous interpellent.

 GUSTAVE AKPEHOU DJONDA est de cette nouvelle génération de plasticiens qui ne redoutent en aucune manière qu’on ne les assimile à telle ou telle école... À tel ou tel maître ...à tel ou tel courant...“L’art, c’est l’Artiste...l’Artiste c’est Dieu”, disait Pierre Leroux. Paraphrasons-le en reconnaissant tout simplement que “l’Art, c’est l’Artiste, et que l’Artiste, c’est GUSTAVE AKPEHOU DJONDA”.

En 2003
 « CE ROUGE QUI M’APPARTIENT »

 Papou KPONTON
Journaliste à Crocodile      

Dès ses débuts il eu une performance remarquable avec l’utilisation de la poudre de fer sur ses toiles. Dans sa jubilation de créateur, il découvrit la puissante expression de la couleur rouge et l’adopta. De nos jours, il peint en rouge ; le rouge vif ; le rouge « latérite »; le rouge« pâle » ; le rouge sang. Sur ses toiles, Akpéhou DJONDA sait faire crier le rouge à la manière des fauves. Dans le rouge, qui héberge parfois des couleurs sombres et ou claires, surgissent des personnages filiformes et des composants de la nature réduits à des lignes géométrique (Cercles ; rectangles ; lignes brisées ; lignes droites ; paraboles…).

 

En 2001

DEO AMAH LAÏSON, Critique d’art

Les arts plastiques au Togo se portent bien. Une multitude d’artistes de tous les âges, de toutes les conditions les nourrissent de leurs talents, de leurs génies, de leur volonté d’avancer, au regard de leur choix aspiration ou inspiration.

Notre pays manque cruellement d’écoles de formation en arts plastiques, ce qui devrait constituer un lourd handicap quasi insurmontable mais le génie togolais a su merveilleusement transformer cette infériorité structurelle en facteur de progrès.le phénomène est notoire chez les jeunes artistes autodidactes. Ils ne sont pas des techniciens de l’art, ils ne connaissent rien ou presque aux subtilités distillés par les écoles d’arts. Ils n’ont ni les bagages ni les le bagouts des artistes  « savants », aucune théologie, aucune démarche intellectuelle, aucune philosophie très souvent ridicule parce que inappropriée- ne sous-tends leurs créations mais ils créent et c’est l’essentiel, ils créent même très bien et c’est heureux.

Nos jeunes plasticiens créent avec leur cœur, leurs tripes, leur passion, avec la farouche volonté de faire plus et mieux. L’art plastique togolais est entré presque naturellement dans les grands courants contemporains. Les tendances réalistes et picturales sont marginales. La spécificité de l’art plastique tient à son caractère gestuel rapide mais contrôlé, un volume pictural où tâches et traits pullulent, une articulation des éléments géométriques autour d’une esthétique symbolique, l’usage de plus en plus présent de matériau locaux (sil, pigments végétaux etc.…) des objets-symboles directement intégré à l’espace, une technique mixte. Ici le spirituel est omniprésent, la symbolique cultuelle donne vie et énergie à l’œuvre.

Cette création avant-gardiste qui constitue ce que nous appelons avec hardiesse et fierté : « l’école de Lomé » donne ou devrait donner une fierté légitime à tout togolais nonobstant la situation suffocante et délirante qui est la nôtre.

Gustave Djonda Akpehou est de la graine de jeunes artistes »révolutionnaires ».

 

Le public qui a assisté à l’exposition des œuvres (12 au total) de Gustave le 15 septembre dernier au siège du FESTHEF a été comblé. Ce fût un ravissement que cette œuvre à travers la liberté du support, la maîtrise  des couleurs et le choix du matériau, la disposition des figures géométriques selon les convictions de liberté, de tolérance et d’harmonie chères à l’artiste. L’originalité de l’œuvre tient au mariage heureux de la poudre de fer et des morceaux de tissus cousus, voire même raccommodés. Le visiteur délicat est rudement apostrophé par des couleurs qui semblent jurées avec l’ensemble ou par des intégrations atypiques ; l’artiste se défend en précisant que cette désharmonie est provoquée à des seins du fait de la portée thématique de l’exposition : « EMPREINTES ».La vie sur terre ressemble à un parcours initiatique et si l’existence est belle et douce, elle griffe, gifle, abat déçoit et plonge souvent dans un désarroi innommable. La vie est loin s’en faut linéaire ; elle ressemble plus aux accidents d’une zone montagneuse qu’au plat sécurisant des vallées. L’œuvre qui a tenu la vedette et a arracher un sourire méditatif à son excellence monsieur l’ambassadeur des USA au TOGO, est celle intitulée : «  LA JOIE DES INSECTES EN 2003 ? ». Comme des insectes attitrés par une source lumineuse qui après la pluie sortent par légion pour ce faire brûler par les flammes ; un peuple naïf et jobard se précipitent vers un piège tendu par un esprit retors à cette date. L’artiste refuse de commenter son œuvre demandant à chacun de l’interpréter selon sa sensibilité. L’histoire récente et les lendemains qui déchantent donne tout son sens à cette œuvre. Suivez mon regard…

Il crée le mouvement à partir du rouge dirait-on. Les personnages animés de la danse du quotidien, mi-réel que cet artiste autodidacte ordonnance ses tempéraments.L’art plastique a toujours rodé autour de Akpéhou. Il est venu à l’art parce que l’art voulait de lui. Lorsque ce don était encore latent en lui, il peignait des calebasses pour les faire passer de l’utilitaire au décoratif. En 1992, au contact de grands, son génie se réveilla. En 1998, il réussit une première exposition intitulée « Le Jardin Parlant » à Goethe Institut à Lomé.


Akpéhou DJONDA venait donc de faire figure dans le monde des plasticiens togolais où les diplômés des Ecoles des beaux arts et les autodidactes se côtoient. Mu par son esprit créatif, il développa très vite une finesse dans sa façon de peindre et adopta d’autres matériaux : les fils de jute ; le fer à béton, le carton, l’acrylique …

Dans le temps il passait ses toiles à la machine à coudre pour, selon lui « exprimer l’imbrication des sentiments ». Après son baccalauréat, il erra sur le campus à la recherche d’une faculté d’accueil et dû se contenter, à défaut, de la faculté d’anglais. En 1999, il subit la rupture de ses fiançailles (dû aux mauvais préjugés sur le métier de plasticien dans nos milieux). Ces déceptions ravivèrent sa flamme d’expression et il décida de contribuer à briser les préjugés sur les plasticiens. Il diversifia sa technique (montage ; peinture ; récupération, collage, installation …) et aborde, de façon comique, des thèmes politiques. Ses œuvres « La danse des présidents qui ne finit pas » et « La femme du président fait du VTT » lient le comique et la dénonciation. De sa foi chrétienne, il christianise l’expression du rouge. « Voici, ici, sur ma toile, le sang versé par Jésus pour sauver l’humanité » explique-t-il souvent. Aussi affirme-t-il que tous les hommes de la terre (noir, blanc, jaune) ‘’nous sommes tous identiques par le rouge qui circule dans nos veines’’. DJONDA initia en 2003, le mouvement artistique « GODODO » pour créer une plate –forme d’échange entre plasticiens. Allure conquérant, regard vif et pénétrant, Djonda Akpéhou est pacifiste et altruiste. Nous avons encore souvenance de sa contribution à une exposition pour soutenir les victimes du 11 Septembre et de son œuvre de charité en offrant un tableau pour soutenir ADJATO Komla, un étudiant togolais qui devait se faire opérer d'urgence d’une tumeur de cerveau.

Né le 19 Septembre 1972, Akpéhou DJONDA a su se tailler une place dans l’art contemporain togolais. Ses brillantes réalisations augurent un succès et son rouge risque de faire des adeptes et de provoquer la naissance de‘L’Ecole du Rouge »